El blog de Sueños de España

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Hace muchos años, cuando el idioma castellano entró en mi vida, empecé un maravilloso viaje que nunca acabará... Y tanto me gusta compartirlo con vosotros ! Gracias por seguirme, por participar, por dejar comentarios y leerme, y sobretodo, gracias por el amor y el cariño que les tenéis a nuestra bella España y a las culturas hispánicas.


José Zorrilla (1817-1893) - Corriendo van por la vega...

Publié par vero0576 sur 26 Mars 2011, 20:42pm

Catégories : #Alhambra y Granada, #Poésie - Poesía, #art - arte

José Zorrilla (1817-1893) - Corriendo van por la vega...

Corriendo van por la vega
a las puertas de Granada
hasta cuarenta gomeles
y el capitán que los manda.
 Al entrar en la ciudad,
parando su yegua blanca,
le dijo éste a una mujer
que entre sus brazos lloraba: 
 
“Enjuga el llanto, cristiana
no me atormentes así,
que tengo yo, mi sultana,
un nuevo Edén para ti.

 
Tengo un palacio en Granada,
tengo jardines y flores,
tengo una fuente dorada
con más de cien surtidores,
y en la vega del Genil
tengo parda fortaleza,
que será reina entre mil
cuando encierre tu belleza.
Y sobre toda una orilla
extiendo mi señorío;
ni en Córdoba ni en Sevilla
hay un parque como el mío.
Allí la altiva palmera
y el encendido granado,
junto a la frondosa higuera,
cubren el valle y collado.
Allí el robusto nogal,
allí el nópalo amarillo,
allí el sombrío moral
crecen al pie del castillo.
Y olmos tengo en mi alameda
que hasta el cielo se levantan
y en redes de plata y seda
tengo pájaros que cantan.


Y tú mi sultana eres,
que desiertos mis salones
están, mi harén sin mujeres,
mis oídos sin canciones.
Yo te daré terciopelos
y perfumes orientales;
de Grecia te traeré velos
y de cachemira chales.
Y te daré blancas plumas
para que adornes tu frente,
más blanca que las espumas
de nuestros mares de Oriente.
Y perlas para el cabello,
y baños para el calor,
y collares para el cuello;
para los labios…¡amor!


“¿Qué me valen tus riquezas
-respondióle la cristiana-,
si me quitas a mi padre,
mis amigos y mis damas?
Vuélveme, vuélveme, moro
a mi padre y a mi patria,
que mis torres de León
valen más que tu Granada”

 

 Escuchóla en paz el moro,
y manoseando su barba,
dijo como quien medita,
en la mejilla una lágrima:

“Si tus castillos mejores
que nuestros jardines son,
y son más bellas tus flores,
por ser tuyas, en León,
y tú diste tus amores
a alguno de tus guerreros,
hurí del Edén*, no llores;
vete con tus caballeros” 

Y dándole su caballo
y la mitad de su guardia,
el capitán de los moros
volvió en silencio la espalda.

José Zorrilla (1817-1893) - Corriendo van por la vega...
José Zorrilla (1817-1893) - Corriendo van por la vega...José Zorrilla (1817-1893) - Corriendo van por la vega...José Zorrilla (1817-1893) - Corriendo van por la vega...

 

A toute allure file par la plaine
de berbères une quarantaine;
aux portes de la belle Grenade,
ils venaient suivant leur capitaine.

Lorsque dans la ville il pénétra
Et sa blanche jument arrêta,
celui-ci parla à une femme,
laquelle sanglotait dans ses bras: 
 
“Gracieuse chrétienne, sèche tes larmes,
cesse de me tourmenter ainsi,
car je t'offre en présent, ma sultane,
un précieux et nouveau Paradis.
 
Je possède un palais à Grenade,
Je possède des jardins, des fleurs,
une fontaine, de l'eau en cascades,
qui de l'or reflètent la couleur.
Et les collines près du Genil
hébergent ma sombre citadelle,
qui sera souveraine entre mille
si elle abrite femme si belle.
Et c'est au long de toute une rive
que se déploie mon vaste domaine;
ni à Cordoue ni même à Séville
il n'est d'enceinte telle la mienne.
Tout là-bas le dattier arrogant
et le rouge et pourpre grenadier,
à côté du figuier luxuriant,
recouvrent le col et la vallée.
Tout là-bas le robuste noyer
et le blond figuier de Barbarie,
tout là-bas le ténébreux mûrier
au pied du château se multiplient.
Et les arbres bordant mon ormoie
jusqu'au ciel se dressent fièrement;
j'ai des cages d'argent et de soie
où des oiseaux volent en chantant.


Et tu es maintenant ma sultane,
même si déserts sont mes salons,
si dans mon harem vide de femme,
je n'entends plus aucune chanson.
De doux velours je t'apporterai
et d'enivrantes senteurs d'Orient;
des voiles de Grèce t'offrirai
et des cachemires en présent.
Je te donnerai de blanches plumes
pour mettre à ton front comme ornement,
plus blanc encore que les écumes
de toutes les mers de notre Orient.
Et des perles pour ta chevelure,
et des bains dans la chaleur du jour,
pour ton cou des milliers de parures;
et aussi pour tes lèvres…l'amour!

Et la chrétienne lui répondit :
"A quoi sert la richesse abondante
si bien loin de mon père je vis,
loin de mes amis, de mes servantes?
Maure, rends-moi ma liberté ce jour,
rends-moi à mon père, à ma patrie,
car de ma León les hautes tours
que ta Grenade sont plus jolies”

Le maure l'écouta calmement
et caressant doucement sa barbe,
répondit tout en réfléchissant,
et puis laissa couler une larme:

“Si plus somptueux sont tes châteaux
que ne sauraient l'être nos jardins,
et tes tapis de fleurs bien plus beaux
car dans ta León ils sont les tiens,
et si ton amour tu as offert
à l'un de tes valeureux guerriers,
ne pleure pas, houri de l'Eden;
va t'en avec tous tes chevaliers” 

Puis il lui donna son destrier
ainsi que partie de ses soldats,
et de tous les maures le premier
dans le silence se retourna.

 

 

Traduction française: Véronique RAMOND

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